L’Équilibre

Toute notre vie, nous sommes à la recherche d’équilibre.

Nous voulons vivre en harmonie, avec les autres, et avec les différentes parties de nous-même. Nous rêvons d’une situation « stable ». Nous recherchons une balance entre nos différentes activités. Nous essayons de manger équilibré, et de maintenir des finances équilibrées.

D’accord, la notion d’équilibre est illusoire et temporaire. Pourtant, même si nous sommes tous un peu différents, cette recherche d’équilibre est un des plus importants moteurs de notre courte vie d’humain.

Nous recherchons cet équilibre aussi au niveau de la société. Nous avons mis en place des contre-pouvoirs avec la séparation du judiciaire, législatif et exécutif. Nous reconnaissons l’importance des médias indépendants, une liberté d’expression, et le débat politique.

En même temps, dans le monde entier, la polarisation politique se renforce et s’accélère. En particulier aux États-Unis; les deux parties politiques semblent avoir comme objectif principal de s’opposer aux idées de l’autre parti. Chaque côté prend des positions pour se définir comme étant à l’opposé des idées « dangereuses » d’en face. Il n’y a plus d’écoute de l’autre. Il n’y a plus de débat. On demande à chaque électeur de choisir son camp et lorsqu’il le fait, il participe, malgré-lui, à cette polarisation. Et même si, au final, les votes de seulement une très petite partie de la population (les swing votes) entre les deux camps font « pencher » la balance, cette polarisation n’apporte finalement peu d’équilibre. Au contraire, on constate que cette polarisation mène plutôt à la division, à la déchirure et peut-être même à une guerre civile.

De même, chez nous en Suisse, un pays qu’on croyait moins divisé, la crise actuelle est marquée par beaucoup de polarisation, synonyme de déséquilibre. Nous avons l’impression que nous devons choisir notre camp et choisir entre :

  • une médecine « Naturelle » / ou une médecine « Scientifique »
  • une société « Solidaire » / ou un individuel « Égoïste ».
  • une droite « Économiste » / ou une gauche « Bien-pensante »
  • « Corona-paranoïaque » / ou « Corona-sceptique »
  • « Pro » / ou « Anti » Vaccin
  • « Anti » / ou « Pro » Masque
  • « Mouton » / ou « Rebelle »
  • « Vendue » / ou « Négationniste »
  • « Responsable » / ou « Irresponsable »
  • « Comploteur » / ou « Complotiste »
  • « Collapsologue » / ou « Protecteur »
  • « Réveillé » / ou « Endormi »
  • « Délateur » / ou « Criminel »

Je l’assume : je refuse de rentrer dans une de ces cases.

D’abord parce que cette situation, et les réponses possibles, ne s’expliquent pas par le noir ou par le blanc. Le monde est beaucoup plus compliqué –  l’équilibre, s’il existe, n’est pas composé de deux extrêmes qui se contrebalancent ! L’équilibre est surtout composé de plein de couleurs et des nuances. Je crois qu’il est sain d’écouter, de comprendre et d’entendre plusieurs prises de position pour aboutir à une opinion, qui en devient modérée.

Ensuite, jouer le jeu de rentrer dans le camp d’extrêmes, avec une posture fermée, c’est aussi de choisir de s’opposer au camp inverse. Or, si la qualité de notre vie est déterminée par la qualité de nos relations aux autres, s’opposer sans débattre ne nous permet ni d’avancer, ni de se sentir bien.

Dans cette crise compliquée de société, il est aussi contre-productif, et probablement toxique, de proclamer qu’il n’existe qu’une seule réponse qui est LA seule vérité. Avec un peu d’humilité, on s’aperçoit qu’il y a tellement de choses qu’on ne sait pas, et qu’il n’y a pas de réponses de vérités absolues. Au contraire, chaque réponse comporte son lot d’indications pour et contre qui doivent être mis en perspective, pris en considération et assumé. C’est donc fondamental d’en débattre de manière sereine.

A mon niveau, ma position reste claire : je souhaite pour moi, et pour mes enfants, de vivre cette vie autrement que celle qui est imposée actuellement. Et je n’ai pas besoin de justifier cette position par des adjectifs polarisant.

J’ai choisi de croire que la majorité des humains sont fondamentalement bons et bien intentionnés. A partir de cette croyance, je peux mieux apprécier les motivations qui nous réunissent tous. Ce qu’il me rassure, et ce qu’il me donne confiance, est de croire que la grande majorité d’entre nous souhaite également retrouver un équilibre. Le temps l’apportera.

Réflexions sur les bonnes intentions de la solidarité


Lors de son intervention à l’émission « Infrarouge » de mercredi 21 octobre, le Conseiller Fédéral M. Berset a fait référence à la Constitution, en particulier la phrase « … la force de la communauté se mesure au bien-être du plus faible de ses membres ».

Personnellement, j’ai toujours trouvé cette phrase magnifique. J’adhère sans hésitation à ce que je croyais être sa signification. C’est louable de protéger les vulnérables entre nous, et ça nous définit en tant que société et humain.

Pourtant, je me pose deux questions dans la crise actuelle : qui sont les faibles? Et quel est le bien-être dont on parle?

Pourquoi est-ce qu’un « faible » est seulement une personne à risque du Covid?

Quid des vulnérables et qui souffrent de la dégradation de leur bien-être à cause des mesures ?

Ces jeunes qui ne trouvent pas de place d’apprentissage, ces indépendants qui assistent à la destruction de leur gagne-pain, ces enfants de 12 ans à qui on impose de porter un masque durant toute la journée avec la menace qu’ils sont des assassins s’ils ne le portent pas correctement, ces 5’000 personnes qui faisaient la queue pendant 5 heures aux Vernets (GE) pour un sac de courses à 15 Fr, les dépressifs, jeunes déscolarisés, les vieux qui ne voient plus leur famille, les chômeurs, les suicides?

Selon l’Unicef, plus de 150 millions d’enfants dans le monde sont tombés dans la pauvreté à cause du Covid. Une partie sans doute directement à cause de la maladie (maladie ou décès d’un parent ?), mais il est important de relever que cette pauvreté est principalement une conséquence directe des mesures prises (perte d’activité économique, fermetures des frontières, lockdown, etc.).

Le constat global est sans appel:  nous sommes en train de créer plus de « faibles », et beaucoup moins de bien-être. N’est pas ironique qu’en plus pour les mesures qui en sont à la cause, on n’arrive d’ailleurs même pas à démontrer leur efficacité?

Malgré toutes ces bonnes intentions louables au nom de la solidarité, nous devons nous poser la question si, le résultat n’est pas le contraire de la signification de cette noble préambule.

Personnellement, je sens que nous perdons chaque jour un peu plus de notre humanité. Et je ne comprends l’intention mais je ne comprends pas du tout le sens, car en plus je sais que personne ne veux cela.

C’est aussi révélateur de cette crise que M. Berset cite une seule phrase de la Constitution comme justification. Car il y a tant d’autres articles de la Constitution qui sont largement ignorées. Au nom de cette lutte ou la fin (qu’on ne comprend d’ailleurs pas!) semble justifier tous les moyens.

Les faibles, la solidarité, la santé, la mort, les statistiques, les droits fondamentaux et même les règles qui définissent notre démocratie et notre Constitution. Toutes ces notions sont à chaque fois sorties de tout contexte par nos dirigeants pour servir une seule noble cause suprême : montrer qu’ils « gèrent » le Covid.

Sans mise en perspective, je me sens totalement perdu.

– Wouter van der Lelij, comité de tous.ch

L’influence des statistiques sur la gestion de risques

Une observation générale pour débuter: beaucoup de gens sont trop sûrs d’eux, prompts à avoir une trop grande fois dans leurs intuitions. Ils considèrent l’effort cognitif comme étant au mieux légèrement désagréable et l’évitent autant que possible.

De l’influence des statistiques et des spécialistes

Le résultat, dans le cadre des communications relatives au COVID, est que l’utilisation de « statistiques » en variant l’effet de cadrage (la façon de présenter l’information) a eu pour effet l’ancrage (la création d’un point de référence) sur une image de référence traumatisante (celle avancée en février/mars d’une épidémie globale et hautement létale) et négligeant le taux de base (pas seulement ce qu’on voit).

Pour illustrer mes propos : en mars, l’OMS avançait un taux de mortalité de 3.4% lequel a justifié les décisions des gouvernements mondiaux, ces derniers étant ancrés sur cette statistique prévisionnelle alarmante. Or le 8 octobre, l’OMS a confirmé que le taux de mortalité s’établissait en réalité à 0.14%, soit 24 fois moins que le taux annoncé initialement, et même moins que le taux de mortalité de la grippe. Il est temps de marteler ceci afin que l’ancrage soit réajusté.

Ceci parce que je suis opposé à l’idée que l’avis des spécialistes ait force de loi et qu’il faille accepter leurs opinions sans les remettre en question quand elles sont en conflit avec les opinions et les souhaits d’autres citoyens.

Amos Tversky racontait qu’alors qu’il avait été invité à prononcer un discours devant un groupe de professionnels de santé publique – les décisionnaires en matière de vaccins et pour d’autres programmes, il était, par une simple modification des effets de cadrage (parler de vies sauvées dans un cas / de nombre de morts dans l’autre) parvenu à les faire changer d’avis. Ce qui est troublant en soit s’agissant de responsables chargés de prendre des décisions qui affectent la santé de toute la population, mais devient inquiétant, lorsque l’on sait qu’après que A. Tversy leur ait montré que leurs choix étaient incohérents, ils aient décidé de ne pas remettre en cause leur décision première.

De la gestion du risque en politique et du rôle des médias

Le risque n’existe pas dans l’état de nature. Ni le risque réel, ni le risque objectif. La définition du risque est par conséquent un exercice de pouvoir. Et je pars du principe que la réglementation du risque et l’intervention des autorités pour réduire les risques devrait être guidées par une analyse des coûts et des profits, et que l’unité de mesure naturelle pour cette analyse est le nombre de vies sauvées (ou peut-être le nombre d’années de vie sauvées, ce qui donne plus d’importance au fait de sauver les jeunes) et le coût en CHF pour l’économie.

L’infiltration des biais dans la politique a été démontrée et Sunstein a parlé de « cascade de disponibilité » qui se définit comme une chaîne auto-entretenue d’évènements, qui peut partir de réactions dans les médias, à un évènement en définitive relativement mineur et malgré tout aboutir à une panique publique et à des actions à grande échelle des gouvernements.

Je comprends que, rationnelle ou non, la peur est synonyme de souffrance. Elle est handicapante, et les décideurs doivent s’efforcer de protéger le public de la peur, et pas seulement des véritables dangers.

Or, lorsque l’on attire notre attention sur un évènement, la mémoire associative va en rechercher la cause. Des explications causales seront évoquées quand une régression vers la moyenne (ce qui est le cas après 6 mois de gestion de crise) sera détectée. Mais elles seront fausses parce que la vérité, c’est que la régression a une explication, mais elle n’a pas de cause.

Ce qui est sûr en revanche c’est que le négatif supplante le positif de bien des façons, et l’aversion à la perte (de sa crédibilité par un gouvernement, ou de leurs responsabilités par les médias, à titre d’exemples) en est l’une des nombreuses manifestations. Or comme cette aversion à la perte est une puissante force conservatrice qui ne permet que des changements limités à partir du statu quo dans la vie tant des institutions que des individus, et que ce nouveau statu quo de règles sanitaires s’est établi, il est extrêmement ardu de s’en éloigner.

On comprend donc qu’en raison de l’effet de possibilité, l’inquiétude n’est pas proportionnelle à la probabilité que le risque se réalise. Et, partant, que pour les gouvernements, il ne suffit pas de réduire ou de limiter le risque : pour éliminer l’inquiétude, la probabilité doit être ramenée à zéro.

Chez Tous.ch, nous estimons que les coûts (humains autant qu’économiques) engendrés par la gestion de cette crise sont irrécupérables. Et qu’il ne convient pas de réinvestir encore dans ce projet d’éradication du virus. Nous devons vivre avec. Nous voulons vivre.

Nous sommes conscients que notre liberté à tous s’arrête là où commence celle de l’autre. Mais il s’agit de prendre des décisions équilibrées et proportionnées à l’échelle de tous.

Pour ce faire, nous portons une pétition devant le Grand Conseil Genevois et poursuivons notre engagement au niveau de notre pays, parce que liberté et démocratie impliquent une responsabilité envers toute la communauté.

  • Nicolas Imhoof, membre du comité de tous.ch

Réflexions sur la responsabilité

Dans les prochains jours, le Conseil d’État genevois, et d’autres Cantons, vont annoncer des nouvelles mesures suite à « l’augmentation inquiétante du nombre de cas d’infection ».

Il devient de plus en plus énigmatique de voir combien nos dirigeants persistent à justifier cette surenchère de mesures basées sur l’augmentation des « cas ». Nous avons tous compris que ces cas ne sont en réalité pas des « cas de personnes malades avec le CoVID » ni des personnes « infectés », mais simplement le nombre de tests à résultat positif. Or, le nombre de tests est en très forte hausse, et dans la vaste majorité, les résultats positifs n’indiquent ni que la personne est contagieuse ni que la personne est malade. Il est donc légitime de questionner la pertinence de cet indicateur.

Et pourquoi ne met on jamais les chiffres de décès en perspective? En Suisse on compte en total, et en moyenne, 180 décès chaque jour.

Nos gouvernements et quelques experts continuent à affirmer avec certitude que c’est seulement grâce à ces mesures que les chiffres de mortalité restent bas. Qu’ils nous évitent peut-être d’une « deuxième vague » qui va arriver et certainement d’une hécatombe. D’autres personnes affirment au contraire que ces mesures sont inutiles, et qu’il n’y aura pas de deuxième vague et que l’épidémie est terminée.

La vérité est probablement plus nuancée. Il reste que c’est très problématique qu’aucun expert ne peut prouver l’efficacité de ces mesures incohérentes – qui sont d’ailleurs disputé par d’autres scientifiques, qui n’ont jamais été expérimentées auparavant – pour empêcher les décès des « personnes à risque ».

Par contre, les conséquences de ces mesures sur toute la population sont dramatiques et certaines.

Ce qui pose la question ; comment pouvons-nous accepter, dans la situation d’aujourd’hui qui n’est plus une situation d’urgence, que quelques spécialistes task-forces et médecins cantonaux, que nous n’avons d’ailleurs pas élus, imposent de facto des mesures dont l’efficacité est disputée et non prouvée, à toute une société, sans contrôle démocratique parlementaire ?

Et de manière plus importante, comment sommes-nous arrivés à cette situation, et surtout, comment pouvons-nous en sortir ?

Au delà d’une peur initiale de la maladie, je pense qu’une autre explication se trouve dans une décharge et confusion de responsabilité. Nos politiques parlementaires paraissent globalement terrifiés à l’idée de l’assumer et ainsi, beaucoup l’ont repoussé sur les exécutifs. Les exécutifs, en particulier le Conseil Fédéral et le Conseil d’État, se cachent respectivement derrière les recommandations des task forces et médecins cantonaux. Ces derniers semblent presque être recrutés sur mesure pour être le plus alarmiste et sur-protectionniste possible.

De même, au final, pour une grande partie des citoyens, journalistes, et entreprises, il est rassurant de pouvoir montrer patte-blanche face à ces mesures : « J’ai fait comme vous me l’avez demandé ! Même s’il y a des morts, personne ne peut me reprocher quoi que ce soit ! Nous avons bien géré ! »

A mon avis, nous pourrons uniquement sortir de cette crise sanitaire lorsque nos élus politiques législatifs se sentiront obligés, par une impulsion citoyenne, à prendre la responsabilité qui leur a été confiée. Cette responsabilité consiste à chercher un équilibre :

  • entre d’une part, des mesures instaurées avec l’intention louable de protéger les plus vulnérables, mais qui ont des conséquences néfastes sur toute la population,
  • et d’autre part, d’accepter avec humilité qu’aucune mesure sanitaire ne puisse empêcher qu’un nombre de personnes meurt de différentes maladies infectieuses.

Pour trouver cet équilibre, il faut briser les tabous, et s’interroger sur les véritables responsabilités de chacun dans notre société :

  • Nous voulons tous protéger les plus vulnérables. Mais quels vulnérables ? Pourquoi est-ce qu’on parle seulement des personnes vulnérables au CoVID ? Pourquoi est-ce qu’il est interdit de parler également des autres personnes vulnérables qui sont si durement touchées par les mesures ? Pourquoi est-il tabou de demander des chiffres sur les suicides, de dépressions, de mettre en corrélation les pertes d’emploi, de pauvreté, le désespoir des jeunes avec les mesures, et de parler de droits fondamentaux
  • Quelle est l’influence réelle des mesures sur les conséquences que nous voulons tous éviter ; à savoir que des personnes vulnérables décèdent ou gardent des séquelles de la maladie ? Les mesures imposées peuvent-elles vraiment empêcher ces décès, ou ces derniers sont-ils, comme on l’a vu, souvent inévitables et même pas imputables au CoVID ?

Pour résumer, avec la question que personne n’ose poser : « est-ce que notre société peut accepter qu’une personne puisse mourir à 85 ans d’une infection pulmonaire, sans mettre la responsabilité de ce décès sur le gouvernement, sur la collectivité et encore moins sur nos enfants ? »

Et quid de la responsabilité individuelle? De s’occuper de sa propre santé; de se nourrir correctement, de faire du sport, d’assumer que nos propres choix ont des conséquences ?

Je n’ai aucune prétention d’avoir LES réponse à ces interrogations. Et cela va encore prendre du temps, mais je constate que le vent tourne. De plus en plus de personnes « respectées » s’expriment publiquement pour dénoncer cette situation absurde dans lequel nous sommes.

Je pense notamment à l’interview du syndicaliste et ancien Conseiller d’État Pierre-Yves Maillard dans le Temps, l’article d’Antoine Hubert dans Bilan, ou Pascal Décaillet.

On constate également un changement de ton dans les médias. Plusieurs rédactions – même certaines qui refusaient toute perspective autre que la parole des membres du task force, comme la RTS – commencent à donner la parole à des personnes qui questionnent ouvertement la proportionnalité des mesures. D’ailleurs Yvan Zweifel, membre du comité de tous.ch, s’est exprimé, parmi d’autres voix « dissidentes » au 19 :30 du 8 octobre.

Au niveau de tous.ch, nous allons maintenant mettre en route un nouveau plan d’action en employant tous les outils démocratiques à notre disposition, en particulier des pétitions pour interpeler les parlements cantonaux.

Nous savons que cela peut prendre encore du temps, mais nous avons confiance que nous sortir de cette situation ubuesque ensemble !

– Wouter van der Lelij