Témoignage d’un médecin généraliste genevois

En tant que médecin généraliste de premier recours, installé à Genève de longue date, je tiens à partager mon témoignage de vie quotidienne auprès de mes patients en souffrance depuis mars 2020 et ce début de pandémie du Covid19 et à prodiguer quelques conseils de vie au quotidien.

Nous sommes au 6ème mois de cette crise sanitaire sans précédent, et ma pratique de médecin de premier recours a fortement été impactée par des nouveaux types de patients dont je n’ai jamais eu à prendre en charge. Non pas forcément des patients difficiles à traiter, notamment en rapport avec tous les cas ou pseudo cas de Coronavirus aigus à mon cabinet en mars-avril-mai dernier, mais bien plutôt en rapport avec les dommages collatéraux suite à cette période épidémique intense du printemps.

En effet dès le début du déconfinement, j’ai eu affaire à un afflux de patients, qui n’osaient pas venir avant me consulter, en souffrance psychologique, psycho-sociale, familiale, relationnelle. J’ai constaté une explosion de nombre de séparations, de conflit de couple, de troubles du comportement infantiles, de violences conjugales, et de maladies aigues conséquences de non consultation précoce ou de laisser aller de style de vie. Beaucoup de personnes ont perdu leur emploi, fragilisé leurs situations financières, notamment dans le milieu artistique, se sont vus relégués à l’Hospice général comme des moins que rien…
Il est pour moi clair que cette crise a eu des dommages collatéraux importants, qui a affecté sans aucun doute les organismes.

A cela nous rajoutons la peur au quotidien qui affecte également les organismes, car nous savons bien que des émotions négatives comme la peur affaiblissent tous notre immunité. Nous avons tous constaté que lors d’une émotion négative, notre corps réagissait comme pour donner un signe d’alerte! La faiblesse immunitaire est un de ces signes d’alerte, et dans une épidémie comme celle que nous vivons, notre corps se doit d’être fort et résistant au lieu d’être fragilisé comme il l’est au quotidien.

La situation anxiogène que nous vivons tous au quotidien n’aide pas les organismes à récupérer et mieux lutter contre tous les micro-organismes auxquels nous devons faire face toute l’année, hiver comme été, mais avec des proportions et intensités différentes.

Comment aider nos corps alors à mieux lutter, et nos esprits à se dépolluer dans cette situation anxiogène ?

C’est à mon avis un point crucial dont peu de professionnels de la santé parlent. Car tout le monde est obnubilé par le « grand méchant virus » qui a tué beaucoup de personnes déjà…. Alors pourquoi pas moi bientôt ?
La réalité statistique montre que le virus ne s’attaque pas aux enfants, il ne s’attaque pas à la majorité de la population qui est en bonne santé sans pathologie ni comorbidité active, il s’attaque majoritairement à des personnes qui ont déjà des problèmes de santé préexistants, et qui sont affaiblis immunitairement. Et dans cette population-là, les personnes du 3ème âge ont une incidence de comorbidités et maladies préexistantes plus importantes que dans le reste de la population. De ce fait l’incidence de la mortalité liée au COVID19 est évidemment plus élevée dans cette tranche de population.

Tout cela pour dire que, pour toutes les personnes « à risque » ou « non à risque », le renforcement de l’immunité personnelle sera très important à valoriser tout au long de cette période critique sanitaire. Il s’agit entre autres de valoriser un style de vie sain, sommeil suffisant, alimentation diversifiée, à orientation « hypo toxique » et riche en vitamines diverses qui pourront renforcer le système immunitaire, comme vitamine C, zinc, magnésium, et vitamine D3. Cette dernière étant peu présente dans l’alimentation générale il convient d’en supplémenter tous les jours, quelle que soit la catégorie de la population.

Il convient d’oxygéner nos cellules avec une activité sportive suffisante quotidienne qui va travailler en cardio-vasculaire, mais aussi en détoxification avec une bonne sudation et hydratation suffisante en sels minéraux. La supplémentation en magnésium déjà essentielle de manière générale est encore plus importante en cas d’effort physique régulier. Ainsi porter un masque en permanence qui ne permet pas une oxygénation suffisante de nos cellules est contre-productif.

L’exercice physique a également un avantage, celui de réduire le stress oxydatif cellulaire, et neuro-végétatif. Ainsi le stress ambiant vécu par nos organismes au quotidien peut interférer avec nos mécanismes de défenses immunitaires générales et favoriser le début d’une quelconque infection de type virale, et pas seulement le Covid19. N’oublions pas que la contagiosité du Covid 19 est à peine plus haute que celle de l’Influenza (grippe saisonnière) et est inférieure à d’autres maladies présentes sous nos sphères comme la rougeole par exemple.

Comment aider nos organismes à réduire le stress ambiant de l’extérieur et à mieux résister ?
Il faut privilégier le repos du système nerveux central et la déconnexion de notre mental, afin d’empêcher de nous laisser envahir par une trop grande quantité d’anxiété.
Les psychiatres utilisent depuis quelques années sur Genève de nombreuses techniques reconnues comme la méditation pleine conscience (mindfullness), la sophrologie thérapeutique, l’hypnose ericksonnienne. De nombreux thérapeutes formés dans des écoles professionnelles reconnues pratiquent le shiatsu, la réflexologie, qui peuvent selon la métabolisation du stress dans l’organisme soulager, réguler, traiter le stress accumulé dans les organes les plus fragiles : estomac, foie, intestins, cœur, poumons, sinus, nez, gorge, oreilles, thyroïde.

Je pense que nous devons développer notre propre immunité contre tous les micro-organismes qui pourraient nous attaquer, cela fait partie du propre de chaque être humain, qui est en contact tous les jours, chaque seconde, minute, heure de sa vie avec des microbes. Nous traitons en permanence des centaines de micro-organismes contre lequel nous développons une réaction immunitaire et nous arrivons à en éliminer la plupart au travers de nos portes d’entrée. Sinon nous serions constamment malades avec des infections sévères.

L’immunité individuelle mais aussi collective est pour moi nécessaire afin d’obtenir que le coronavirus puisse arrêter de circuler. Pour le moment ce n’est pas le cas, cependant on veut absolument que des personnes saines n’attrapent pas le virus, que le nombre de cas « sains » soit faible, c’est justement à mon avis le contraire qu’il faut obtenir. Si le nombre de « cas positifs sains » est élevé, il n’y aucune preuve que ces cas-là soient contagieux, en revanche ce qui est sûr c’est que ces cas-là présentent un certain nombre d’anticorps antiviral plus ou moins neutralisants, cela veut dire qu’ils vont constituer leur propre immunité antivirale. Après combien de temps cette immunité pourrait-elle durer ? Nous ne le savons pas encore.

Beaucoup de professionnels argumentent sur la possibilité d’une non immunité collective. Alors pourquoi nous parle-t-on d’un vaccin, si l’immunité collective ne peut avoir lieu ?

Je pense qu’à présent nous devons être sereins : l’épidémie virale de COVID19 de mars avril n’est plus d’actualité. Il y a beaucoup de cas détectés, oui, par multiplication des tests de dépistage, et non par recrudescence de l’activité virale. Si nous avions testé autant de personnes en mars-avril, nous aurions eu encore beaucoup plus de personnes contaminées ! Mais avec une activité virale (virulence, charge virale) importante, ce qui n’est plus le cas à présent.
Cet automne et cet hiver il est possible que la charge virale augmente de nouveau, alors si c’est le cas, et qu’il s’agit bel et bien du même virus, il faut rappeler que nos organismes ont déjà été exposés, donc le corps saura mieux reconnaitre et lutter contre ce micro-organisme ; de plus certains traitements classiques ont fait dans beaucoup de cas cliniques leurs preuves (protocole Raoult à Marseille, protocole new yorkais comme celui de Raoult en ajoutant le zinc ) et pourront tout de suite être utilisés.

Nous devons actuellement stimuler notre système immunitaire en amont, comme chaque automne et début d’hiver, peut-être de manière encore plus rigoureuse et quotidienne que d’habitude. Nous devons modérer notre stress quotidien, celui de nos vies respectives et de celui qui nous est imprégné de l’extérieur au travers de méthodes thérapeutiques comme méditation, yoga, voire différentes techniques de relaxation. Nous devons rester positifs face à l’avenir, car la peur se nourrit et amplifie les pensées négatives. Ensemble, nous pouvons changer nos vies, et décider pour nos vies futures.

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