Réflexions sur les bonnes intentions de la solidarité


Lors de son intervention à l’émission « Infrarouge » de mercredi 21 octobre, le Conseiller Fédéral M. Berset a fait référence à la Constitution, en particulier la phrase « … la force de la communauté se mesure au bien-être du plus faible de ses membres ».

Personnellement, j’ai toujours trouvé cette phrase magnifique. J’adhère sans hésitation à ce que je croyais être sa signification. C’est louable de protéger les vulnérables entre nous, et ça nous définit en tant que société et humain.

Pourtant, je me pose deux questions dans la crise actuelle : qui sont les faibles? Et quel est le bien-être dont on parle?

Pourquoi est-ce qu’un « faible » est seulement une personne à risque du Covid?

Quid des vulnérables et qui souffrent de la dégradation de leur bien-être à cause des mesures ?

Ces jeunes qui ne trouvent pas de place d’apprentissage, ces indépendants qui assistent à la destruction de leur gagne-pain, ces enfants de 12 ans à qui on impose de porter un masque durant toute la journée avec la menace qu’ils sont des assassins s’ils ne le portent pas correctement, ces 5’000 personnes qui faisaient la queue pendant 5 heures aux Vernets (GE) pour un sac de courses à 15 Fr, les dépressifs, jeunes déscolarisés, les vieux qui ne voient plus leur famille, les chômeurs, les suicides?

Selon l’Unicef, plus de 150 millions d’enfants dans le monde sont tombés dans la pauvreté à cause du Covid. Une partie sans doute directement à cause de la maladie (maladie ou décès d’un parent ?), mais il est important de relever que cette pauvreté est principalement une conséquence directe des mesures prises (perte d’activité économique, fermetures des frontières, lockdown, etc.).

Le constat global est sans appel:  nous sommes en train de créer plus de « faibles », et beaucoup moins de bien-être. N’est pas ironique qu’en plus pour les mesures qui en sont à la cause, on n’arrive d’ailleurs même pas à démontrer leur efficacité?

Malgré toutes ces bonnes intentions louables au nom de la solidarité, nous devons nous poser la question si, le résultat n’est pas le contraire de la signification de cette noble préambule.

Personnellement, je sens que nous perdons chaque jour un peu plus de notre humanité. Et je ne comprends l’intention mais je ne comprends pas du tout le sens, car en plus je sais que personne ne veux cela.

C’est aussi révélateur de cette crise que M. Berset cite une seule phrase de la Constitution comme justification. Car il y a tant d’autres articles de la Constitution qui sont largement ignorées. Au nom de cette lutte ou la fin (qu’on ne comprend d’ailleurs pas!) semble justifier tous les moyens.

Les faibles, la solidarité, la santé, la mort, les statistiques, les droits fondamentaux et même les règles qui définissent notre démocratie et notre Constitution. Toutes ces notions sont à chaque fois sorties de tout contexte par nos dirigeants pour servir une seule noble cause suprême : montrer qu’ils « gèrent » le Covid.

Sans mise en perspective, je me sens totalement perdu.

– Wouter van der Lelij, comité de tous.ch