Lettre d’un Avocat-citoyen au Conseil d’Etat du Canton de Fribourg

Le lettre ci-dessous a été envoyé par Henri GENDRE, avocat citoyen,  en son nom, et en porte-parole des personnes se joignant à lui par les témoignages annexés au Conseil d’Etat du Canton de Fribourg, le 24 septembre 2020.

Nous ne pouvons pas publier les 27 témoignages qui lui ont été envoyés sans l’accord individuel de chaque personne concernée.

Henri GENDRE, avocat citoyen
Ch. de Villarsel 68, 1723 Villarsel-sur-Marly

RECOMMANDÉE

Conseil d’État du Canton de Fribourg p.a. Chancellerie d’État
Rue des Chanoines 17

1700 Fribourg

Le 24 septembre 2020

Concerne : COVID-19 / Mesures sanitaires en situation particulière / Obligation du port du masque

Madame la Présidente, Messieurs les Conseillers d’État, Madame la Chancelière,

Permettez-moi de vous adresser cette lettre à propos des mesures sanitaires que vous avez ordonnées en août 2020 au bénéfice de la compétence cantonale réservée par la législation fédérale sur les épidémies. Je le fais en mon nom personnel et aussi en porte-parole de citoyennes et citoyens qui se joignent à moi par leurs témoignages joints en annexe. Pour la plupart, ils sont parents et œuvrent dans l’éducation, la santé, les commerces et les lieux de restauration, domaines que l’obligation du port du masque touche de manière particulièrement intense. Cette mesure n’est pas anodine et a des répercussions importantes dans nos vies individuelles et notre vie en société. Elle suscite questionnement, incompréhension, colère et tristesse. Notre besoin est de vous en faire part et de nous sentir entendus par vous qui l’avez décrétée. Notre démarche est celle de la parole et de l’écoute au plan d’une humanité que nous partageons avec vous. Nous n’oublions pas la personne humaine que vous êtes chacune et chacun en deçà de l’autorité élective dont vous êtes investis.

Questionnement et incompréhension

Lors de la vague épidémique de mars à mai 2020, les masques faciaux n’ont pas été considérés comme un moyen nécessaire ou utile pour prévenir la propagation du virus, alors que l’étaient le lavage régulier des mains, la désinfection et la distanciation entre individus. Comment comprendre qu’en août 2020, alors que cette vague est passée et qu’une seconde n’est pas manifeste, simplement crainte sans certitude scientifique aucune, le masque nous soit imposé ? Vous en appelez certes avec d’autres autorités cantonales au principe dit « de précaution ». C’est oublier en cela que le risque zéro n’existe pas, que les virus font partie de la vie et que, c’est notre sort commun, nous allons tous mourir un jour. Or les marqueurs pertinents que sont le nombre des décès et des hospitalisations attribuées à la COVID-19, et non pas le nombre de tests effectués, démentent une reprise épidémique. Ce virus est apparenté à d’autres virus Corona qui affectent les humains et provoquent les grippes saisonnières qui existent de tout temps et partout dans le monde. En 2015, une grippe particulièrement sévère a été la cause en Suisse de 2500 décès (statistiques OFSP), pour la plupart de personnes âgées de plus de 80 ans et de personnes en déficit immunitaire pathologique. Au 7 septembre 2020 en Suisse (OFSP), 1734 décès étaient attribués à la COVID- 19, alors que le modèle de prédiction de l’Imperial College de Londres au-quel s’étaient référé certains épidémiologistes suisses et le Conseil fédéral prévoyaient jusqu’à 60’000 décès ! Dans notre canton, il y a eu du 19 mars au 21 septembre 2020 101 décès attribués à la COVID-19 (statistiques FR Semaine 39). Après un pic de 84 décès entre le 19 mars et le 13 mai 2020, il y a eu 17 décès depuis lors, apparemment pour la plupart de personnes âgées. Au 21 septembre 2020, il y avait 9 hospitalisations dont 3 en soins intensifs.

Il est avéré par les témoignages annexés que vous lirez, comme l’attestent aussi des gens de science dont la parole n’est malheureusement que peu re- layée dans les médias, que le port du masque est néfaste pour la santé, particulièrement pour celle des enseignants, des étudiants, des employés des commerces et des grandes surfaces commerciales ainsi que des gens de la restauration contraints de le porter pendant tout leur temps de travail et qui souffrent de gêne respiratoire, de céphalées, d’hypoxie, de dyspnée, d’irritations cutanées, etc. Sur le plan psychique, on déplore un mal-être général, une augmentation du stress, des réactions agressives, des crises d’angoisse, des états de dépression et de désespoir et un fléchissement plus marqué chez les aînés du désir de vivre. Aucune justification scientifique n’est donnée pour prescrire le port du masque maintenant alors que la vague de mars à mai 2020 est « aplatie » ainsi que cela se passe pour toute épidémie. Le masque risque plutôt d’entraver le développement en toute sécurité d’une nouvelle dynamique d’immunité collective comme celle initiée avec succès en Suède et ailleurs et d’exposer les personnes les plus vulnérables à un risque accru l’an prochain lors de l’habituelle grippe saisonnière. Voilà notre questionnement et notre incompréhension relativement à l’obligation du port du masque.

Peur, colère, tristesse

Depuis mars 2020, c’est la peur qui est entretenue. Certes, à son déclenchement, la vague épidémique devait être considérée et légitimait des mesures tendant à en endiguer son déferlement. Elle est maintenant passée. Or les autorités politiques et sanitaires ne cessent depuis l’été de préconiser et pour ce qui concerne le masque d’imposer des mesures liberticides hors de toutes proportions raisonnables, particulièrement des tests dont l’efficience n’est pas démontrée, des traçages arbitraires et aléatoires et des quarantaines illusoires. La relation qu’en donnent les médias en caisses de résonnance de la pensée unique, avantageuses parce que subventionnées, fait advenir un délire collectif. Angoisse persistante et peur intense confinant à la panique en sont les ingrédients. Le délire fait tache d’huile et induit des troubles de la logique, des perturbations des capacités cognitives, des paradoxes, de l’irrationnalité et une atteinte au bon sens. Nous ne pouvons pas cautionner cela et devons le dire en notre nom et en celui de tous nos con- citoyennes et concitoyens que ce délire submerge et dont pour certains la voix même est étouffée par le conditionnement culturel à l’obéissance aveugle. Oui, c’est une colère qui monte face à la démesure et à l’absurde, qui pourrait grandir jusqu’à la déflagration et porter une grave atteinte à la paix sociale. C’est une grande tristesse de voir nos vies, nos relations avec les autres, nos réunions familiales et conviviales, nos rites sociaux dont celui du deuil et nos fêtes contaminées par la peur et l’angoisse irraisonnées.

Notre demande pour le futur proche

Dans la situation présente, plutôt qu’une fuite en avant par le maintien de mesures autoritaires ou l’instauration de nouvelles restrictions aux droits fondamentaux que sont la dignité humaine, la liberté, le droit à l’intégrité physique et psychique et la liberté de mouvement, c’est à un retour à la raison et au bon sens que nous en appelons. Nous vous demandons ainsi de révoquer avec effet immédiat l’obligation du port du masque ordonnée en août 2020 et de vous abstenir d’ordonner de nouvelles mesures liberticides que seraient les tests, le traçage et la vaccination.

En vous remerciant de l’attention que vous aurez bien voulu donner à notre parole et du positionnement que vous adopterez en conséquence, nous vous assurons, Madame la Présidente, Messieurs les Conseillers d’État, Madame la Chancelière, de notre respect citoyen.

Annexes : 27 témoignages

Henri GENDRE, avocat citoyen

en son nom et en porte-parole des personnes se joignant à lui par les témoignages annexés