Réflexions sur la responsabilité

Dans les prochains jours, le Conseil d’État genevois, et d’autres Cantons, vont annoncer des nouvelles mesures suite à « l’augmentation inquiétante du nombre de cas d’infection ».

Il devient de plus en plus énigmatique de voir combien nos dirigeants persistent à justifier cette surenchère de mesures basées sur l’augmentation des « cas ». Nous avons tous compris que ces cas ne sont en réalité pas des « cas de personnes malades avec le CoVID » ni des personnes « infectés », mais simplement le nombre de tests à résultat positif. Or, le nombre de tests est en très forte hausse, et dans la vaste majorité, les résultats positifs n’indiquent ni que la personne est contagieuse ni que la personne est malade. Il est donc légitime de questionner la pertinence de cet indicateur.

Et pourquoi ne met on jamais les chiffres de décès en perspective? En Suisse on compte en total, et en moyenne, 180 décès chaque jour.

Nos gouvernements et quelques experts continuent à affirmer avec certitude que c’est seulement grâce à ces mesures que les chiffres de mortalité restent bas. Qu’ils nous évitent peut-être d’une « deuxième vague » qui va arriver et certainement d’une hécatombe. D’autres personnes affirment au contraire que ces mesures sont inutiles, et qu’il n’y aura pas de deuxième vague et que l’épidémie est terminée.

La vérité est probablement plus nuancée. Il reste que c’est très problématique qu’aucun expert ne peut prouver l’efficacité de ces mesures incohérentes – qui sont d’ailleurs disputé par d’autres scientifiques, qui n’ont jamais été expérimentées auparavant – pour empêcher les décès des « personnes à risque ».

Par contre, les conséquences de ces mesures sur toute la population sont dramatiques et certaines.

Ce qui pose la question ; comment pouvons-nous accepter, dans la situation d’aujourd’hui qui n’est plus une situation d’urgence, que quelques spécialistes task-forces et médecins cantonaux, que nous n’avons d’ailleurs pas élus, imposent de facto des mesures dont l’efficacité est disputée et non prouvée, à toute une société, sans contrôle démocratique parlementaire ?

Et de manière plus importante, comment sommes-nous arrivés à cette situation, et surtout, comment pouvons-nous en sortir ?

Au delà d’une peur initiale de la maladie, je pense qu’une autre explication se trouve dans une décharge et confusion de responsabilité. Nos politiques parlementaires paraissent globalement terrifiés à l’idée de l’assumer et ainsi, beaucoup l’ont repoussé sur les exécutifs. Les exécutifs, en particulier le Conseil Fédéral et le Conseil d’État, se cachent respectivement derrière les recommandations des task forces et médecins cantonaux. Ces derniers semblent presque être recrutés sur mesure pour être le plus alarmiste et sur-protectionniste possible.

De même, au final, pour une grande partie des citoyens, journalistes, et entreprises, il est rassurant de pouvoir montrer patte-blanche face à ces mesures : « J’ai fait comme vous me l’avez demandé ! Même s’il y a des morts, personne ne peut me reprocher quoi que ce soit ! Nous avons bien géré ! »

A mon avis, nous pourrons uniquement sortir de cette crise sanitaire lorsque nos élus politiques législatifs se sentiront obligés, par une impulsion citoyenne, à prendre la responsabilité qui leur a été confiée. Cette responsabilité consiste à chercher un équilibre :

  • entre d’une part, des mesures instaurées avec l’intention louable de protéger les plus vulnérables, mais qui ont des conséquences néfastes sur toute la population,
  • et d’autre part, d’accepter avec humilité qu’aucune mesure sanitaire ne puisse empêcher qu’un nombre de personnes meurt de différentes maladies infectieuses.

Pour trouver cet équilibre, il faut briser les tabous, et s’interroger sur les véritables responsabilités de chacun dans notre société :

  • Nous voulons tous protéger les plus vulnérables. Mais quels vulnérables ? Pourquoi est-ce qu’on parle seulement des personnes vulnérables au CoVID ? Pourquoi est-ce qu’il est interdit de parler également des autres personnes vulnérables qui sont si durement touchées par les mesures ? Pourquoi est-il tabou de demander des chiffres sur les suicides, de dépressions, de mettre en corrélation les pertes d’emploi, de pauvreté, le désespoir des jeunes avec les mesures, et de parler de droits fondamentaux
  • Quelle est l’influence réelle des mesures sur les conséquences que nous voulons tous éviter ; à savoir que des personnes vulnérables décèdent ou gardent des séquelles de la maladie ? Les mesures imposées peuvent-elles vraiment empêcher ces décès, ou ces derniers sont-ils, comme on l’a vu, souvent inévitables et même pas imputables au CoVID ?

Pour résumer, avec la question que personne n’ose poser : « est-ce que notre société peut accepter qu’une personne puisse mourir à 85 ans d’une infection pulmonaire, sans mettre la responsabilité de ce décès sur le gouvernement, sur la collectivité et encore moins sur nos enfants ? »

Et quid de la responsabilité individuelle? De s’occuper de sa propre santé; de se nourrir correctement, de faire du sport, d’assumer que nos propres choix ont des conséquences ?

Je n’ai aucune prétention d’avoir LES réponse à ces interrogations. Et cela va encore prendre du temps, mais je constate que le vent tourne. De plus en plus de personnes « respectées » s’expriment publiquement pour dénoncer cette situation absurde dans lequel nous sommes.

Je pense notamment à l’interview du syndicaliste et ancien Conseiller d’État Pierre-Yves Maillard dans le Temps, l’article d’Antoine Hubert dans Bilan, ou Pascal Décaillet.

On constate également un changement de ton dans les médias. Plusieurs rédactions – même certaines qui refusaient toute perspective autre que la parole des membres du task force, comme la RTS – commencent à donner la parole à des personnes qui questionnent ouvertement la proportionnalité des mesures. D’ailleurs Yvan Zweifel, membre du comité de tous.ch, s’est exprimé, parmi d’autres voix « dissidentes » au 19 :30 du 8 octobre.

Au niveau de tous.ch, nous allons maintenant mettre en route un nouveau plan d’action en employant tous les outils démocratiques à notre disposition, en particulier des pétitions pour interpeler les parlements cantonaux.

Nous savons que cela peut prendre encore du temps, mais nous avons confiance que nous sortir de cette situation ubuesque ensemble !

– Wouter van der Lelij